Longtemps, j’y ai pensé. Puis l’idée s’est évanouie en douceur. Elle s’est effacée petit à petit, elle a disparu en se faisant oublier, étrangement.
Et tout à coup, elle est revenue, comme une claque, comme un nouvel horizon, comme une évidence.
Alors voici mes fruits, mes fleurs, mes feuilles et mes branches et puis voici mes mots et les leurs, mes journées, mes aventures, mes battements de cils et de coeur, le goût d’un thé à la menthe, celui dont on se délecte un soir d’hiver chez soi dans son mug rapporté d’outre-Atlantique ou l’infâme, trop sucré et trop brûlant, de l’infatigable machine à cafés aux couinements automatiques, la mélodie d’une musique qui galvanise qui l’écoute, la couleur d’une image qui imprime la rétine, un voyage en train, une promenade sur les quais, une rencontre qui transforme, une langue qui se délie ou qui lie, un regard qui s’allume et un autre qui s’éteint, la pluie qui mouille désagréablement, une belle veste dans un magasin, une montre qui tient bien au poignet, un bureau mal rangé, un papier qui traîne, une feuille importante perdue, un drapeau vert, des photos d’Allemagne, de Prague, de Berlin, Rome, j’adore, les lentilles, les stylos très fins, le pain, le trivial pursuit, la salade de fruit, beaucoup de livres, un cartable, du noire et encore une tasse de thé…